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vendredi, 08 avril 2016 14:10

Les ouvrières de la FN changent l'histoire 1966-2016

--- Introduction ---

La grève des ouvrières de la FN de 1966 : enjeux et mémoires
Sara Tavares Gouveia (CARHOP) et Nicolas Verschueren (ULB)

--- Séance inaugurale ---

Femmes en grève : Lucie Baud (1870-1913), tisseuse de soie de l’Isère.
Michelle Perrot (Professeure émérite à Paris VII-Denis Diderot)
Lucie Baud (1870-1913) est une tisseuse en soie du Dauphiné. Elle a fondé un syndicat et mené des grèves mémorables à Vizille  (1905) et Voiron (1906), qu’elle a racontées dans un texte autobiographique rare publié en 1908. Leur semi-échec, accompagné de “chagrins familiaux”, la conduit à faire une tentative de suicide. Dans cet exposé, et sur base de son ouvrage Mélancolie ouvrière, Michelle Perrot avance avec nous sur les traces de cette héroïne oubliée et tente de retrouver son destin mélancolique, caractéristique des difficultés rencontrées par les  militantes.

--- Une lutte, des conquêtes ---

Les syndicats à l’épreuve de la grève.
Marie-Thérèse Coenen (FOPES- CARHOP)
Les travailleuses de la FN se lancent dans une grève sauvage. Elles étonnent par leur combativité et leur fermeté. Les piquets de grèves sont inutiles : c’est plutôt rare dans un conflit social. Les syndicats suivent le mouvement, l’accompagnent et l’encadrent. Ce sont les deux centrales du métal qui sont en première ligne. Nous nous interrogerons sur le choc de la lutte des travailleuses du secteur métallique dans la région liégeoise, sur les manières de penser l’action avec les ouvrières et sur la prise en compte ou non des revendications des travailleuses ainsi que les limites de cette « petite révolution ». Les travailleuses sont désormais une force avec qui il va falloir compter mais pas n’importe comment.

Défendre la santé et l’égalité : une dimension spécifique importante des luttes des travailleuses.
Laurent Vogel (ULB-ETUI)
Dans la production historique sur la lutte des ouvrières de la FN, les questions de santé au travail ne sont pas abordées de manière systématique. Elles ont cependant joué un rôle important dans la conscience qu'avaient les ouvrières d'être soumises à une exploitation très dure qui revêtait des modalités spécifiques liées au genre. Cet exposé présentera quelques éléments sur les mobilisations des ouvrières de la FN concernant la santé au travail. Il indiquera la continuité des luttes des ouvrières depuis le début de la révolution industrielle pour défendre leur vie et leur santé.

L’écart salarial aujourd’hui ? : un état des lieux.
Véronique De Baets (Institut pour l’égalité des femmes et des hommes)
Le principe "À travail égal, salaire égal" appliqué aux femmes et aux hommes est repris de longue date dans la législation tant européenne que belge et constitue une pierre angulaire de l’égalité de traitement des femmes et des hommes. Il est légalement interdit de commettre des discriminations fondées sur le sexe. Un employeur doit rémunérer de la même façon deux travailleurs exerçant le même emploi et ayant les mêmes caractéristiques. Malgré ce principe, un écart salarial persiste dans la pratique.

--- La parole aux témoins ---

Jean-Marie Roberti (Pensionné, journaliste militant au Drapeau Rouge)
Jean-Marie Roberti a été entre autres journaliste au Drapeau Rouge, responsable de la rédaction de l'hebdomadaire du Mouvement populaire wallon Combat, attaché de divers cabinets ministériels, directeur du Service d'information et de presse de la Ville de Liège. Via le Drapeau Rouge, il est le premier journaliste à annoncer le démarrage «sauvage» de la grève. Entré à la Ville de Liège en 1977 et aujourd’hui pensionné, Jean-Marie Roberti est une véritable personnalité locale.

Annie Massay (Pensionnée, permanente syndicale FGTB-SETCa)
Annie Massay a travaillé au Syndicat des employés, techniciens et cadres (SETCa) de Liège de 1960 à 1995, d'abord comme employée, puis comme permanente en charge des grands magasins. En 1966, lors de la grève, elle sert d'intermédiaire entre les permanents syndicaux et l'assemblée de grévistes. Annie Massay est appelée en renfort par les secrétaires permanents de la Fédération des métallurgistes de la FGTB – tous des hommes ! – pour intervenir en tant qu’intermédiaire féminin dans un conflit où, pour la première fois, les femmes ne sont plus des « grévistes parmi d’autres », mais bien le véritable moteur de l’action.

Le son et l’écho de la grève.
Lionel Vanvelthem (Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale)
Cette communication traitera de deux types de sources orales en rapport avec la grève des ouvrières de la FN : d’un côté, des enregistrements contemporains à l’événement (prises de son ou témoignages enregistrés durant la grève même) ; de l’autre, des enregistrements récoltés a posteriori (interviews de grévistes ou de témoins de la grève, parfois des dizaines d’années plus tard). Certains de ces enregistrements seront mis en ligne sur la plate-forme « Mémoire orale » (www.memoire-orale.be) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont il sera également question durant cette communication.

--- Des échos multiples de la grève ---

Images et visages d’une grève féminine (RTB-BRT, 1966-2016).
Alexandra Micciche et Anne Roekens (UNamur)
Notre communication vise à explorer les images télévisuelles de la grève des femmes de la FN et à approcher le rôle que ces contenus médiatiques ont pu jouer dans l’événementialisation de la contestation et dans la construction de la mémoire collective de celle-ci.

Et si les ouvrières de la FN étaient les vraies mères fondatrices de la construction européenne ?
Sophie Jacquot (Centre d’études européennes de Sciences Po)
Lors de la rédaction du Traité de Rome qui institue la Communauté économique européenne en 1957, un article portant sur le « principe de l’égalité des rémunérations entre les travailleurs masculins et les travailleurs féminins pour un même travail » est introduit parmi les dispositions sociales. L’article 119 vise non pas la promotion de la justice sociale ou de l’égalité des sexes : il s’agit d’éviter tout risque de dumping social et de garantir des conditions de concurrence égalitaire entre les industriels des Etats membres, notamment dans les secteurs à forte consommation de main d’œuvre féminine. Cependant, c’est sur cet article que va s’appuyer tout le développement de l’action politique européenne en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes telle qu’on la connaît aujourd’hui. Et ce sont les revendications des ouvrières grévistes de la FN en 1966 qui vont permettre d’enclencher ce processus.

De l’intérêt des biographies de militant.e.s pour l’écriture de l’histoire syndicale. Présentation du projet de DBMOB.
Francine Bolle (ULB)
Cette intervention a pour objet la présentation du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier en Belgique. Le projet a comme objectif de retrouver et de sauvegarder dans la mémoire collective (tout en leur rendant hommage) la trace de toutes celles et tous ceux qui ont contribué à l’émancipation  des travailleurs. Le dictionnaire se voulait aussi un outil devant « permettre aux historiens et aux militants actuels de mieux comprendre les évolutions, les succès et les échecs du mouvement ». En 1996, cette initiative avait débouché sur la publication d’un premier volume. Depuis 2011, le projet de Dictionnaire biographique du mouvement  ouvrier en Belgique repart sur de nouvelles bases.

--- Mémoires d’une lutte ---

Quand les femmes de la FN entrent dans la légende : construction et mythes d’un combat.
Florence Loriaux (CARHOP)
La « mémoire » des femmes-machines a énormément été sollicitée pour la télé, la presse et les interviews. Ces femmes ont dès lors forgé un récit et c’est une belle histoire. Elles aiment bien raconter cette belle histoire, avec beaucoup d’émotion et de manière très chaleureuse. On sent que c’est quelque chose d’important pour elles. Et puis, ça leur permet de s’éloigner un peu de la réalité quotidienne, il n’y a plus ce regard critique sur ce qui s’est passé, sur les problèmes que ça a posé, les difficultés, les tensions,… parce que tout cela a bien dû exister. Il est vrai que la mémoire et l’histoire sont complémentaires mais elles ne se substituent pas. C’est cette tension qui sera au cœur de cet exposé.

Présentation de l’exposition-parcours permanent « En lutte. Histoires d’émancipation».
Catherine Maréchal (CAL Province de Liège)
À l’initiative du Centre d’Action Laïque de la Province de Liège asbl, cette exposition plonge le visiteur au cœur des combats pour l’égalité. Elle revient sur la mémoire des luttes ouvrières et rappelle que la solidarité sociale dont nous bénéficions aujourd’hui est un héritage précieux pour lequel se sont battus des générations de travailleurs. Conçue sous la forme d’un voyage dans le temps et guidée par l’image, le son, la lumière et la voix de l’acteur français Philippe Torreton, elle montre que les actions collectives peuvent déboucher sur des victoires sociales. En mettant en lumière ce passé de mouvements populaires, En lutte. Histoires d’émancipation a pour objectif de susciter une réflexion sur l’engagement citoyen et notre capacité à changer les choses.

--- Autres luttes, autres pays ---

Gendering the Displaced Worker in Contemporary France.
Jackie Clarke (Université de Glasgow) et Fanny Gallot (CRHEC)
This intervention examines the experiences of female factory workers who were forced to move as their company reduced its workforce, closed factories and eventually went bust at the end of the twentieth century. The paper focuses on the case of the iconic French domestic appliance company Moulinex, which was based in Lower Normandy and surrounding areas. A feature of the Moulinex workforce was that many of those who worked on the shop floor were women who had grown up locally, been hired in the years of expansion before 1975 and remained with the company until their factories closed in the period 1997-2001. This paper will explore how these gender and class identities were rendered precarious and/or reconstructed through the experience of displacement.

Voix ouvrières ? Chantons la contestation (1966-1979).
Nicolas Verschueren (ULB)
Pour l’historien, les chants populaires ont depuis toujours constitué une source particulière, une sorte de voie d’accès à la parole du peuple ou à la parole ouvrière. Lorsque durant l’hiver 1966, les ouvrières de la FN scandaient dans les rues de Herstal « à travail égal, salaire égal », elles croisèrent une mélodie fredonnée depuis l’été 1965 écrite par Henri Salvador « Le travail c’est la santé ». Il n’en fallait pas plus pour qu’un slogan se transforme en véritable hymne à l’égalité salariale. La lutte des ouvrières de la FN n’était donc pas uniquement pionnière en Europe de par leur revendication, elle a également contribué à réactiver et à renouveler le chant de lutte. Analysant deux décennies de conflits sociaux en Belgique, cette communication étudie l’utilisation des chants de lutte par les ouvriers.

--- Clôture du colloque ---

La lutte continue
Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard (Historienne, enseignante à la retraite-chercheuse, GERS)

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